En ces moments troubles, à défaut de prédire l’avenir, construisons-le!

Billet d'humeur d'Olivier Segbo, Maire-adjoint de Longjumeau
L’Europe, à la suite des Etats-Unis, connait la crise la plus grave de notre génération et parait-il depuis celle de 1929 que je ne connus ! Avec le recul, elle est attribuée aux subprimes aux Etats Unis et à l’endettement des Etats en Europe.
Il nous apparait de plus en plus que c’est la conséquence de l’économie de la main d’œuvre bon marché soutenue par une monnaie chinoise sous-évaluée en échange du rachat de bons de trésors américains, du rachat des obligations d'états européens et de la désindustrialisation de l’Europe et des USA.

Nous en subissons aujourd'hui les conséquences :
- Effondrement de 40 voire 60% du patrimoine des épargnants (actions, assurance vie,…) depuis 2008,
- Chômage de masse y compris dans des pays qui en étaient épargnés jusque là, USA, Espagne et Grande Bretagne, avec comme résultante des émeutes de rue comme récemment en Grande Bretagne.
- Valse des gouvernants jusque là limitée aux pays arabes sous la pression de la rue mais qui atteint depuis la Grèce, l’Italie, prenant acte de la colère des marchés financiers et de la pression des « indignés ».

 A dire vrai, notre génération a connu plusieurs crises, depuis celle du pétrole, au point de nous laisser croire que l’exception serait un monde sans crise. Quels enseignements nous inspirent ces soubresauts d’un monde qui change:
- Besoin de transparence : des Etats ont maquillés leurs comptes, dépensé plus qu’ils n’ont produit de richesses ; des banques comme nombre d’institutions financières ont travesti leurs bilans, pour les rendre plus attractifs. Il est impératif que nous revenons à des pratiques plus qui redonnent confiance plutôt que de s’acharner contre les agences de notation. Comme si casser un thermomètre, fait disparaitre la fièvre.
- Bonne gouvernance : Comme dans une famille, dépenser plus que nos moyens ne le permettent revient à remettre les clefs de son domicile aux créanciers. Nous avons, par un endettement excessif, confié les clefs de la maison France aux créanciers. Pour les reprendre et redevenir maitres de notre destin, il est impératif que nous payions nos dettes, réduisions notre train de vie et concentrions nos ressources sur les entreprises et les administrations pour produire mieux et plus. Les citoyens sont plus matures qu’on ne veut le dire ; ils sont prêts à entendre un discours de vérité sur nos finances publiques, à consentir des efforts voire des sacrifices à condition qu’ils soient partagés, équitablement répartis et leur finalités expliquées.
- Industrialiser notre pays par un soutien massif aux moyennes industries: former et encourager les auto-entrepreneurs et créateurs d’entreprises à faire évoluer leurs structures vers des entreprises de taille moyenne (50 à 500 salariés) en leur ouvrant une part significative des marchés des industriels, de l’Etat et des collectivités territoriales (sur le modèle du « small and medium business act » for Europe).
- Faire respecter les règles d’une vraie concurrence : les télécommunications, l’énergie, la gestion de l’eau dans nos collectivités territoriales, ont vu des monopoles s’effondrer grâce à l’émergence de nouveaux entrants et entrainer des améliorations significatives de la qualité de service aux clients. L’autorité de la concurrence devra jouer pleinement son rôle et remplir ses missions afin de permettre à tous les acteurs de faire jouer leurs atouts.
- Développer la formation tout au long de la vie : avec une attention particulière sur l’apprentissage et la mobilité en Europe. Nous avons besoin d’exporter, de commercer avec le reste du monde, les pays émergents ou en voie développement. Les besoins y sont importants dans les domaines de la sante, de l’agro-industrie et des services, domaines où la France regorge de champions mondiaux. Il faut pour cela innover sans cesse et pour innover se former sans cesse.
- Mobiliser tous les fils et filles de notre pays : il n’est pas concevable que depuis plus trois décennies, à la veille de chaque élection majeure, nos candidats orientent les projecteurs sur les immigrés, faute de focaliser toutes nos énergies sur l’emploi, la santé et les moteurs de la croissance et l’innovation.

Certes, nous devons nous opposer, avec la plus grande fermeté, aux tentatives de fondamentalistes religieux qui veulent imposer en France des pratiques et des modes de vies qui ne sont ni conformes à nos traditions judéo-chrétiennes ni en phase avec notre vision laïque du respect dû à la personne.
La démocratie participative en marche dans nombre de communes prend largement en compte l’expression des attentes des immigrés installés de longue date en France, pour éviter de faire de ce sujet (…du droit de vote des étrangers aux élections locales) un marronnier électoral.
C’est profondément ce que je crois et que je traduis dans mon action d’élu de terrain, sur Longjumeau.
Car en ces moments troublés, à défaut de prédire l’avenir, construisons-le !